• Les Etudes hongroises de G. LIGETI
double choeur mixte à 12 et 16 voix a cappella (1983)
durée 6’
• Epithalame de A.
JOLIVET
12 voix a cappella (1953) durée 20’
• Rrrr... de M.
KAGEL
choeur mixte a cappella (1981) durée 18’
• Les Cinq Rechants de O.
MESSIAEN
12 voix a cappella (1948) durée 17’
Telle la théorie littéraire
qui fait consister la poésie dans la seule sonorité
ou dans le seul aspect des lettres disposées en un
certain ordre, les textes utilisés par ces compositeurs
du 20ème siècle sont choisis ou fabriqués
afin d’entretenir une relation privilégiée
entre les phonèmes et la musique.
Les trois courtes études de Ligeti
consacrent l’attachement du compositeur au poète
Sandor Weöres.
« ...les poèmes sont intraduisibles parce qu’ils
sont directement élaborés à partir de
particularités sonores,rythmiques et métriques
de la langue hongroise.Ce sont pratiquement des textes expérimentaux...qui
sont extrêmement métaphoriques et riches de sens...ö.
Le texte d’Epithalame de Jolivet
est du compositeur, qui se réfère à la
fois aux traditions sacrées de la chrétienté,
de la bible, de la haute Egypte et de l’extrême
orient.
Le compositeur contourne le problème de l’accentuation
du français en ayant recours aux onomatopées
utilisées pour leur fonction poétique.
Rrrr... de Kagel
s’inscrit dans un projet dont toutes les oeuvres commencent
par la lettre R.
« J’ai pris comme point de départ, non
pas l’encyclopédie, mais un dictionnaire de musique ;
une fois l’ouvrage en main, je me trouvais aussitôt
projeté dans d’innombrables paysages qui allaient
d’une sémantique rigoureuse jusqu’à
des régions lointaines de l’art poétique
musical. »
Les cinq Rechants de Messiaen
représentent une fantastique alternance d’images
poétiques empruntée aux grands mythes de la culture
d’occident et aux passages en langues inventées
rappelant les sonorités du sanscrit et du quétchua.
Cette langue répond à des mobiles musicaux avant
tout, ainsi que l’explique Messiaen:
« ...syllabes choisies pour leur douceur ou leur violence
d’attaque...qui permettent d’allier facilement
les quatre ordres: phonétique (timbre), dynamique (intensité),
cinématique (accent) et quantitatif (durée).
»