« Cris de villes »
la voix archaïque enracinée dans les pratiques populaires
12 chanteurs solistes
Programme
| Les Cris de Paris |
Clément Janequin |
| Cries of London |
Orlando Gibbons |
| Cries of London |
Luciano Berio |
| Cris |
Maurice Ohana |
| Cri(m)es of New York |
François Narboni |
| Création |
Philippe Hersant |
Depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours, les marchands ambulants, les camelots, les négociants en tous genres traînent dans les rues des villes; actifs, délurés, intelligents, ils ont assez de verve et d’esprit pour rassembler la foule autour de leur étalage. Ces personnages phares de la rue constituaient et constituent encore le maillon centrale de la vie sociale, étalant sur le pavé: caricatures, complaintes, cris, airs à la mode, langues déliées ou écorchées, exploitant toutes les possibilités expressives de la voix humaine, et laissant exploser l’expression des racines cachées dans les pratiques populaires. Dans Les cris de Paris de JANEQUIN et Cries of London de GIBBONS, on perçoit la fricassée populaire et urbaine, qui laisse sortir la voix comme elle est dans la vie : brute.
Les Cries of London BERIO va répéter avec les moyens de son temps la démarche des compositeurs du passé et représenter la stylisation moderne de cette pratique populaire, s’inspirant à la fois des « Abbagnate » siciliens et des camelots londoniens. Dans « Cris » de OHANA, l’œuvre se cristallise autour de plus larges traditions: Canto Jondo et Flamenco aux chants poignants, Jazz comme phénomène de civilisation, Nô et Kabuki aux attaques ventrales, opéra chinois mêlant la parole au chant, Polyphonie africaine au pouvoir incantatoire puissant. On retrouve ces aventures dans l’œuvre Cri(m)es of New York de François NARBONI, ou l’image sonore de la ville est vu à travers le filtre de la conscience. C’est une projection mentale plus qu’un portrait fidèle. Choses vues et imaginées, choses entendues et rêvées, sont indissociables; il y a reportage sonore et invention, écoute de la cité et création pure. C’est aussi un témoignage direct de la ville à travers les émotions qu’elle a procurées à l’auteur et le rêve (ou le cauchemar…) de celle-ci dans son immensité et son infinitude. Enfin une commande au compositeur Philippe HERSANT illustrera ce parlé/chanté des commentaires disparates de la rue, dérangeant ou captivant la vie sociale quotidienne de l’homme de la cité.
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